Pendant dix tomes, Berserk quitte le duel intime pour la guerre d'empires. L'empire kushan apporte ses éléphants, ses sorciers, ses démons en cage et un souverain qui a passé un pacte sans intermédiaire. Ce dossier montre que Ganishka n'est pas un obstacle sur la route de Griffith mais son négatif exact — et que le manga s'en sert pour dire ce qu'il pense du pouvoir.
I. Une magie qui contraint
La magie d'Elfhelm demande : Schierke parle aux élémentaires, connaît leurs noms, paie en attention. La magie kushane enchaîne : Daiba tient le serpent-dieu Kundalini par une formule, les harashadas maintiennent les pisachas par un signe des mains, et les makaras sont des baleines habitées de force.
Miura oppose deux rapports au monde astral sans jamais faire la leçon. L'un négocie avec ce qui existe, l'autre l'exploite. Les deux marchent ; un seul laisse ses praticiens intacts.

II. Le béhérit artificiel
L'objet le plus dérangeant de l'arc n'est pas un monstre mais une machine. Daiba a passé sa vie à coudre des corps d'apôtres vivants autour d'une cuve de liquide amniotique : on y plonge une femme enceinte, et l'enfant naît daka. Une armée de démons, produite à la chaîne.
La Main de Dieu accorde un ange tous les deux cent seize ans. Ganishka en fabrique des milliers par an. Le manga, ici, cesse d'être une dark fantasy pour devenir une fable sur l'industrialisation : ce qui était sacré devient un procédé, et le procédé est pire.

III. Deux souverains, une seule question
Ganishka a été un homme. Il a tué son père, sacrifié sa femme et son fils, et pris le pouvoir sur un continent. Il redoute une seule chose : le destin, c'est-à-dire quelqu'un d'autre qui déciderait à sa place. Sa dernière transformation — Shiva — est une tentative de dépasser la Main de Dieu elle-même.
« Il voulait la même chose que Griffith, et il a payé plus cher pour l’obtenir moins bien. »Formulation de la rédaction
Elle échoue. Femto l'ouvre en deux d'un coup d'Épée des Béhérits, et de son corps sort l'Arbre-Monde. Le tyran qui refusait la causalité en devient l'instrument le plus grand. C'est la conclusion politique de l'arc : contre un système, la force brute ne produit que du combustible.

IV. Ce que l’empire laisse
Après la Grande Vague, les Kushans ne disparaissent pas. Silat protège Rickert, Daiba soigne des garudas dans une écurie de Falconia, Jarif garde une porte. L'empire vaincu est absorbé par la ville du Faucon, qui n'a même pas eu à le conquérir.
Les tomes 43 et suivants ramènent la compagnie chez eux, dans une capitale kushane qui a survécu à son empereur. Le dossier lit cette survie comme un contrepoint : les peuples durent, les tyrans se transforment en arbres.

La lecture de Ganishka en « négatif de Griffith » est une interprétation de la rédaction ; le manga ne les fait dialoguer qu'une fois, et Miura n'a jamais commenté ce parallèle.

SaritusHumain
GanishkaApôtre
RakshasApôtre de guerre