L'arc du Châtiment place son héros au milieu d'une Inquisition médiévale — bûchers, roues, réfugiés — dans un monde où le surnaturel est démontré. Ce dossier examine la position exacte du manga : ni anticléricale, ni pieuse, mais attentive à ce que la peur fabrique.
I. Une Église sans dieu
Le Saint-Siège de Berserk enseigne un dieu qui n'apparaît jamais, dans un monde où les démons, eux, se montrent. Ce déséquilibre est le moteur de l'arc : la foi n'est pas contredite par la réalité, elle est débordée par elle. Mozgus ne ment pas — il n'a simplement rien vu.
Miura calque son institution sur l'Église médiévale réelle : hiérarchie, inquisiteurs, indulgences, gestion des réfugiés. Rien de ce qui se passe à Albion n'a besoin de surnaturel pour être crédible ; c'est ce qui rend l'arrivée du surnaturel si efficace.

II. Mozgus, le bourreau sincère
L'évêque au visage plat prie front contre terre jusqu'à se déformer le crâne. Il pleure sur ceux qu'il torture, et les torture quand même. Miura refuse la caricature de l'hypocrite : Mozgus est un homme qui croit, et sa foi produit exactement les mêmes effets qu'un calcul cynique.
Ses six disciples poussent la démonstration plus loin. Chacun est un corps abîmé par la dévotion — brûlé, tordu, aveuglé — et chacun sert par gratitude. L'arc décrit un mécanisme de fidélité, pas une religion en particulier.

III. Farnese, la sortie
Le personnage qui porte la thèse du dossier est Farnese. Élevée dans la peur, commandant des chevaliers qu'elle méprise, elle découvre en une nuit que les démons existent — et que sa foi ne l'a jamais protégée de rien. Sa conversion n'est pas vers l'athéisme : elle est vers la connaissance.
« J’ai passé ma vie à brûler ce que je ne comprenais pas. »Formulation de la rédaction
Qu'elle finisse apprentie sorcière est le seul commentaire théologique que Miura se permette. Dans un monde où l'astral a des lois, la magie n'est pas l'ennemie de la religion : elle est la discipline qui accepte de regarder.

La lecture de la trajectoire de Farnese comme « de la foi vers la connaissance » est une interprétation de la rédaction ; le manga ne formule jamais d'opposition explicite entre religion et magie.

JeromeChevaliers de la Chaîne de fer
NinaAlbion
JoachimAlbion
Fouquet, Lucie et PepeAlbion