Une cité blanche, des rues propres, des enfants qui jouent, des apôtres en garde républicaine : Falconia est la seule utopie de Berserk, et Miura la dessine sans ironie apparente. Ce dossier soutient qu'elle est pourtant la scène la plus terrifiante de l'œuvre — parce qu'elle est exactement ce qui avait été promis.
I. Une ville qui tient parole
Tout ce que Griffith avait dit vouloir — un royaume à lui, un pays où les faibles sont protégés — est là, réalisé au millimètre. Les réfugiés sont nourris, les monstres tenus en laisse, les nobles remis à leur place. Falconia fonctionne. C'est la première fois dans le manga qu'un pouvoir tient ses promesses.
Miura déplace alors l'inquiétude : elle ne vient plus du danger mais de l'absence de danger. Les planches de Falconia sont lumineuses, larges, presque vides de hachures. Après trente tomes de nuit, cette lumière blanche fait l'effet d'un néon d'hôpital.

II. Le prix invisible
Personne à Falconia ne se souvient de l'Éclipse. Personne ne sait que le Faucon de Lumière est né d'un enfant volé et d'un sacrifice. La ville est bâtie sur une amnésie collective — et c'est cette amnésie qui la rend habitable. Rickert est le seul à savoir, et le seul à partir.
La gifle de Rickert à Griffith, geste minuscule dans une cité immense, est le pivot politique de la fin de l'œuvre. Elle dit que l'utopie ne se réfute pas par les armes mais par la mémoire. Miura ne donne pas tort à ceux qui restent : il montre seulement qu'ils ont accepté de ne plus se souvenir.

III. Sous verre
L'expression « sous verre » du titre vient d'une planche : Falconia vue de loin, sous la lune, comme une maquette dans une vitrine. Le monde de Fantasia a fait tomber la frontière entre réel et astral ; Falconia est le seul endroit où cette frontière a été redressée, artificiellement, par la volonté de Griffith. La ville est protégée — donc close.
« C'est un beau pays. Il y manque seulement ceux qui l'ont payé. »Formulation de la rédaction
L'utopie de Berserk est un aquarium. On y respire, on y vit bien, et l'on n'en sort pas. Le dossier propose de lire les derniers tomes de Miura comme une longue mise en parallèle : Elfhelm, l'île où Casca guérit, est l'autre verre — celui qui protège encore, mais qu'un seul coup suffira à briser.

L'opposition Falconia / Elfhelm comme « deux vitrines » est une construction de la rédaction ; elle s'appuie sur le tome 41 et sur les premiers chapitres du Studio Gaga, qui n'étaient pas dessinés par Miura.

CharlottePrincesse de Midland
DanannReine des elfes de Skellig
SilatBakiraka
SoniaNouvelle Bande du Faucon