Un œuf de pierre, un visage éparpillé, une main qui saigne : le béhérit est l'objet le plus simple de Berserk et le plus chargé. Ce dossier en fait l'inventaire, occurrence par occurrence, pour dégager la règle qui gouverne ses apparitions — et la seule exception qui compte.
I. Un objet qui ne se cherche pas
Première règle, énoncée dès le tome 1 par le Comte : on ne trouve pas un béhérit, il vient à vous. La pierre change de mains par hasard, se perd, réapparaît — et arrive toujours à son propriétaire au moment exact où celui-ci n'a plus rien à perdre. Le béhérit n'est pas un talisman : c'est un rendez-vous.
Miura souligne cette passivité par le dessin : le béhérit est presque toujours montré au repos, dans une paume, sur une table, au fond d'une rivière. Il ne brille pas, ne vibre pas. Le seul moment où il s'anime — les traits du visage qui se recomposent — est aussi le moment où il cesse d'être un objet.

II. Le prix et la porte
Le mécanisme est toujours le même : le désespoir absolu du porteur, le sang qui touche la pierre, le visage qui se rassemble et pleure, puis l'ouverture. Ce qui varie, c'est l'échelle. Pour le Comte ou Rosine, une chambre suffit. Pour Griffith, le rituel réclame une éclipse et cinq cents ans d'attente.
Le béhérit rouge — l'Œuf du Roi — n'est pas un objet différent des autres, mais un objet à qui l'on a promis davantage. C'est là que la grammaire devient théologie : la Main de Dieu ne choisit pas l'Élu, elle a préparé sa place. Le béhérit rouge est un billet dont le numéro était tiré d'avance.

III. L'exception : le béhérit de Guts
Un béhérit suit Guts depuis le tome 3, sans jamais s'ouvrir. Le Chevalier au Crâne le désigne comme une menace — l'objet attend que Guts cède, comme Griffith a cédé. Chaque fois que Guts touche le fond (la mort de Casca crue, la colère de l'armure), le lecteur guette le visage qui se recompose. Il ne se recompose pas.
« Il ne t'a pas choisi. Il attend que tu le choisisses. »Formulation de la rédaction
C'est l'argument le plus fort du dossier : la seule différence entre Guts et Griffith n'est pas la force ni la chance, mais le refus d'un rendez-vous. Le béhérit fait de Guts un homme qui pourrait devenir apôtre à chaque page — et qui ne le devient pas.

L'inventaire compte neuf occurrences distinctes de béhérits dans l'œuvre publiée ; certains lecteurs en comptent dix en incluant l'« Œuf du Monde » (tome 33), qui n'est pas un béhérit au sens strict.

L’enfant au clair de lunePersonnage
VargasAncien médecin
Le ComteApôtre
SlanMain de Dieu